Conférences inspirantes

Conférences

Inspirantes

Quel nouveau pacte entre l’homme et la machine ?

L’enjeu de cette intervention est de réfléchir aux scénarios vertueux concernant notre relation aux machines numériques, et donc aux Intelligences Artificielles. Et si loin d’être une menace, les IA étaient une chance pour nous de véritablement cultiver ce à quoi elles n’auront jamais accès : notre humanité ? Et avec elle, notre créativité, notre intuition, notre empathie, notre sens de l’ambiguïté, qui, à n’en pas douter, seront les véritables sources de création de valeur dans l’économie de demain ? A quelles conditions un tel avenir est-il envisageable ? Nous proposerons une réponse en nous appuyant sur la philosophie de Gilbert Simondon (1924-1989), l’éthique « maker » et… la vision des champions d’échec ou de go.

Joue la comme Aristote !
— ou l’entreprise nouvelle à l’ère de l’incertain

Notre temps est celui de l’incertain. Evoluant sous la pression d’une instabilité permanente, organisations et individus sont sommées d’embrasser le changement, mais sans vision d’une destination finale attractive. Façonnés par une culture du contrôle, de la planification, de l’évaluation du risque nous nous retrouvons ainsi démunis : où trouver les principes et les ressources pour innover, improviser et inventer ?
Afin de mieux appréhender ces enjeux, nous proposerons un nouveau cadre de compréhension dont l’hypothèse s’énonce ainsi : ce que notre temps exige, c’est de quitter « l’entreprise Platon » pour inventer ensemble « l’entreprise Aristote ». C’est qu’en affirmant la primauté des idées abstraites sur les réalités terrestres, et en plaçant à la tête de sa République « celui qui sait », Platon s’impose comme le lointain inspirateur des entreprises tayloriennes qui, de fonctionnement hiérarchique en process uniformes, manquent de l’agilité aujourd’hui nécessaire.
Au contraire, Aristote oppose à l’idéalisme de son ancien maître un pragmatisme éclairé : il s’agit d’apprendre à agir de manière vertueuse dans un monde à jamais mouvant et imparfait. Et dans cette action, y trouver le bonheur. Quels sont les grands axes de l’éthique d’Aristote ? Comment peuvent-ils inspirer notre présent — et notre avenir ?

Cultivons le vide fécond !

Cultiver le vide ? Voilà une proposition a priori paradoxale : nous sommes au contraire convaincus qu’il faudrait être toujours plein : plein d’énergie, plein d’idées, plein d’options. Le problème, c’est qu’aujourd’hui le plus souvent, nous ne jouissons pas de ce plein. Le problème, c’est que nous endurons un trop plein, trop plein de tâches à accomplir ou de choses à penser, trop plein qui nous épuise et nous prive d’une vision lucide des enjeux.
D’où l’intérêt d’en passer par le vide. Il s’agira alors de comprendre que c’est toujours à la faveur d’une vacance de l’esprit, d’un moment de rêverie ou d’ennui ou parfois même d’un courageux « je ne sais pas », bref, toujours à la faveur d’un vide que surgit la bonne idée, que la décision juste s’impose à nous. Il s’agira surtout de comprendre comment ça marche, le vide. Ou plus précisément ce « jeûne de la volonté » dont nous parle le penseur taoïste Tchouang Tseu, par lequel, ajoute-t-il, « surgit l’acte juste ».

Du désir à l’action avec Spinoza

Comment est-ce que je me motive ? Et comment puis-je motiver les autres ? « C’est d’abord une question de volonté ! » avons-nous appris dès notre plus jeune âge. Mais le philosophe Spinoza, au 17ème siècle, remet radicalement en question cette idée reçue. C’est « le désir », et non la « raison », qui est premier, affirme-t-il : comme nous le confirment les neurosciences aujourd’hui, ce sont nos émotions qui mènent le bal. Il bouleverse ainsi notre idée de la morale, et nous ouvre à une manière d’agir plus inspirante, plus lucide, et plus joyeuse. Mais quels sont, plus précisément, ces principes qui nous permettent de nous orienter dans la vie en générale et dans l’entreprise en particulier ?

Je me relie, donc je suis ?

La révolution numérique a bouleversé les lois de l’économie : la source première de création de valeur ne se situe plus, d’abord, dans la production de « biens », mais dans la culture de « liens » qui connectent une entreprise à ses clients et ses collaborateurs. Problème : notre individualisme moderne nous entretient dans une compréhension superficielle de ce qu’est une véritable relation. Elle n’est ni un simple contrat éventuellement révocable, ni une entrave à notre indépendance. Au contraire, nous disent nombre de philosophes depuis un siècle : la relation est ce qui nous constitue, nous oxygène, et nous fait grandir. Elle est donc la clé d’un changement réussi. Comment alors comprendre cette nouvelle éthique relationnelle que notre temps appelle ?

Et si le travail nous rendait heureux ?

Comment appréhender l’exigence, et parfois l’injonction, contemporaine d’un « bonheur au travail » ? Sans doute en commençant par se rappeler que le bonheur n’est pas une course au « toujours plus » de plaisir. Il est, plus profondément, le résultat de ce qu’Aristote appelle « la vie bonne », orientée par une attention au monde, une poursuite de la vertu, une bienveillance amicale à l’égard de son prochain. De fait, nous montrerons que la pensée éthique du philosophe grec offre un cadre éclairant et inspirant pour comprendre ce que font réellement les entreprises les plus innovantes en matière de bien-être : elle est une sagesse pratique qui, dans un monde incertain et toujours changeant, vise le bonheur dans l’action même.

Vivre en beauté !

Constat : la beauté était traditionnellement assimilée au domaine des apparences. Elle est désormais au fondement de nos catégories morales. Ne dit-on pas « c’est une belle personne » plutôt qu’une « bonne personne » ? Ou « il a fait un beau geste » ? Et encore « je te souhaite une belle journée » ? Un « beau projet » n’est-il pas plus engageant qu’un « bon projet » ? A l’évidence, nos considérations éthiques se formulent désormais en termes esthétiques. Le « Bien » a glissé vers le « Beau ». Et la « sculpture de soi » — forcément singulière, originale et harmonieuse — s’impose comme notre nouvel idéal. D’où vient cette aspiration moderne à vivre en beauté ? Et, surtout, à quoi nous engage-t-elle ?

Pourquoi avons nous tant besoin de rites ?

Face au sentiment de « trop plein » qui caractérise notre époque, un besoin commun se fait jour : apprendre à reconquérir ces espaces vides (d’agitation, de projets, de rentabilité immédiate) où nous pourrions reprendre notre souffle, et nos esprits. D’où l’aspiration à réévaluer à neuf ce que nous, modernes, avions cessé de prendre au sérieux : les rituels. Car les rites partagés qui scandaient la vie des anciens ne relevaient pas seulement d’une pression autoritaire des institutions religieuses. Ils étaient également l’infrastructure matérielle de la vie spirituelle : des exercices par où se régénère la relation au monde, aux autres, et à soi. Comment pourrions-nous nous inspirer des ces formes traditionnelles afin d’apprivoiser de nouveaux rituels, personnels ou collectifs ?

Les séries télé nous rendent-elles meilleurs ?

Les séries télé se sont imposées comme l’un des phénomènes culturels les plus prégnants du 21ème siècle. C’est que loin d’être un simple divertissement, les (bonnes) séries (américaines) sont le lieu d’une éducation éthique : elles offrent au spectateur la possibilité d’interroger sa propre vie et ce qui importe vraiment. A cheminer vers celui qu’il est. Exemple du côté de, Mad Men, Desperate Housewife, ou Game of thrones. Les séries sont-elles une nouvelle liturgie profane ?

Quelle philosophie pour la laïcité ?

L’idée de laïcité est aujourd’hui en proie à des interprétations contradictoires. Cette confusion est notamment due à l’évolution de la société française. Décrire les mutations récentes du fait religieux et revisiter l’esprit originel de la laïcité, nous permettront de jeter les linéaments d’une relance, à neuf, de cet idéal de liberté.

La vie est-elle un grand jeu ?

Le jeu, « ce n’est pas sérieux » ?  Nous montrerons au contraire que l’ascension de la figure du joueur dans la philosophie moderne s’impose comme l’issue à ce que Nietzsche a appelé « la mort de Dieu ». En un temps dénué de fondation stable, la pensée du jeu est une invitation cruciale à participer au monde plutôt qu’à « gérer », à distance, son existence. Et elle vient éclairer les défis que le nouveau siècle nous adresse :  comment avancer dans l’incertitude, penser les nouvelles formes de leadership ou cultiver des pratiques créatives ?